Jean-Pierre Balpe et les femmes
Il faut bien avancer (mais vers quoi ?…) ; parenthèse fermée, je reviens à l’histoire principale :
Que JPB ait eu d’autres maîtresses — Albertine, Lucienne… puis plus tard Gilberte ; appelons-les ainsi pour l’instant — ne dit rien sur la qualité des sentiments qui les a unis à chacune d’elles. Aussi surprenant que cela puisse paraître à un observateur perspicace de sa vie sentimentale, JPB a été, chaque fois, sincèrement amoureux de chacune de ses maîtresses. S’il a fait souvent fait preuve de malhonnêteté dans sa vie, en amour il ne trichait pas. Son mariage avec Françoise, par exemple, n’avait rien à voir avec la fortune de cette dernière, ni avec l’introduction qu’elle lui permettait dans un milieu plutôt sélect. Non. Il n’avait rien à foutre de tout ça. S’il l’avait épousée, c’est parce qu’il avait été séduit par sa fragilité, par ce quelque chose qui faisait qu’elle semblait toujours hors du monde. Un désir de la protéger peut-être, de lui permettre d’exister hors de ce milieu figé qui était le sien.
Si plus tard, il l’a trompée, c’est peut-être moins parce qu’il ne l’aimait plus que parce qu’il en aimait une autre. Aussi ne lui a-t-il jamais rien caché, acceptant qu’elle fasse comme lui et prenne autant d’amants qu’elle le souhaitait. Chez lui, un amour ne chassait pas l’autre mais s’ajoutait à lui. S’il délaissait telle ou telle, ce n’était pas qu’il ne l’aimait plus mais plus simplement parce que les contraintes quotidiennes de l’existence ne lui permettait pas de se consacrer autant à chacune d’entre elles.
Posted at 03:29 pm by
Hodges